Le nouveau Dieu de l’homme moderne

La quasi-totalité de l’humanité agit quotidiennement à rebours de son être et sa volonté authentiques, sous l’effet du conformisme et de la soumission aux attentes des hiérarchies qui les dominent — l’État, le patriarcat, la suprématie blanche — au premier rang desquelles se trouve le capital. Ainsi, ce dernier est-il devenu le nouveau Dieu de l’homme moderne, qu’il vénère et en échange duquel il a livré son âme.

Bien que la modernité soit souvent décrite comme un processus de « désenchantement » (c’est-à-dire la perte du caractère mystique et sacré du monde), cette description est trompeuse. Un terme plus approprié serait celui de réenchantement. En effet, les religions traditionnelles et les croyances spirituelles n’ont pas été remplacées par un monde purement rationnel et laïc, mais par un nouveau type d’enchantement : le capitalisme lui-même.  

Le capitalisme ne constitue pas seulement un système économique, mais une idéologie. Il remodèle notre système de valeurs (notre axiologie) et notre relation au monde, aux autres et à soi-même (notre ontologie). Au lieu d’un monde purement rationnel et laïc, le capitalisme crée son propre système de croyances, où l’argent et le consumérisme donnent sens à la vie. 

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