L’autotélisme de la vie

Le sens de la vie est qu’il n’y en a pas : il réside précisément dans cette absence. Il ne se trouve ni dans un but extérieur ni dans une récompense future, mais dans l’expérience même de vivre. La vie devient dès lors autotélique (du grec autos « soi-même » et telos « but »), c’est-à-dire une fin en soi. En d’autres termes, le sens de la vie est la vie elle-même : elle n’a pas de finalité à atteindre, ou plutôt, elle est sa propre finalité. Vouloir lui assigner un objectif serait une erreur, car cela transformerait l’existence en un simple moyen, en un trajet vers autre chose qu’elle-même. Or la vie, en étant sa propre fin, ne conduit nulle part ailleurs qu’à elle-même.

Ainsi, la recherche du sens de la vie est une entreprise vouée à l’échec. Cette quête ressemble à celle du sommeil : plus on tente de le provoquer, plus il se dérobe. Le sommeil n’advient que lorsqu’on cesse de le vouloir ; de même, le sens n’émerge que lorsque l’on arrête de le chercher. Non parce qu’il aurait enfin été découvert, mais parce qu’il n’avait jamais existé ailleurs que dans le fait même de vivre.

Ainsi, le bonheur ne consiste pas à atteindre un idéal, à cocher des cases ou à chercher la validation des autres, mais à vivre sans avoir à prouver quoi que ce soit, à qui que ce soit.

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La philosophie dans son ensemble peut se réduire à un unique problème, à partir duquel tous les autres découlent : « pourquoi vivre ? » ou « pourquoi ne pas me suicider ? ». La réponse est de vivre de telle manière que la question ne se pose pas. Le problème ne concerne alors plus de savoir pourquoi vivre, mais comment vivre.

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